Pigments d'avenir

Cette exposition montre les travaux de 8 jeunes artistes actuels, certains encore étudiants au CCA (Campus Caribéen des Arts) de Fort de France d’où le titre PIGMENTS D’AVENIR. Nous présentons un panel d’œuvres puisées dans l’imaginaire ou la vie quotidienne de ces jeunes artistes, un ensemble d’œuvres (3 par artiste) très hétéroclites qui montre les nombreuses utilisations de différents médiums et techniques artistiques. 

Commissaire d’exposition : Sophie RAVION D’INGIANNI

Tanya Théleste

Tania THELESTE, est une artiste déjà dans la vie active, titulaire du DNSEP en 1999, du DNSAP en post-diplôme de l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris en 2000. Son medium de prédilection est la gravure. Enseignante en arts plastiques dans le second degré depuis 2001, elle a aussi enseigné la gravure en 2021 au Campus Caribéen des Arts. 

La pratique artistique dominante dans sa démarche est celle de la gravure qui se conjugue à d’autres mediums tels que la photographie, le dessin et la peinture. Sa source d’inspiration est « la scène martiniquaise ». L’ensemble de sa production interroge la règle morale, la règle sociale et les mœurs. 

Tania nous présente 4 œuvres composées de séries. La série Porte d’Orléans, traduit l’histoire d’une mise en scène dans le métro de Paris, modulable à l’infini par le déplacement des plaques-wagons. 

La série A l’envers traite du jeu des apparences. Gravures réalisées sur le recto et le verso des plaques. La Belle est son autoportrait. La Douche de vingt-quatre heures : eau d’ici ou L’Amoureuse met en scène une femme qui s’oublie. Fanm Matinik est une gravure qui donne une vision contemporaine de la femme martiniquaise entre deux sociétés : européenne et caribéenne. 

Pour Tania « l’acte de graver n’est pas quelque chose d’anodin. A chaque gravure, j’inscris une histoire, celle de quelqu’un, celle de tout le monde mais aussi la mienne. L’idée étant de laisser l’image gravée parler d’elle-même. »

Johann Capgras

Johann CAPGRAS est né en 1993, vit et travaille en Martinique. Il a été formé au Campus Caribéen des Arts. Ses œuvres autobiographiques prennent leurs origines dans son histoire personnelle et principalement son corps qui a été meurtri, ayant dû faire face à des pathologies physiques. Son intérêt se traduit autour de ses cicatrices qu’il nous présente dans l’œuvre Stigmates, une impression 3D de ses cicatrices qui ont été scannées et modélisées puis imprimées en laiton. Johann nous présente une œuvre vidéo, Chimères constituée de radiographies retravaillées avec des objets quotidiens liés au contexte médical. 

La vidéo est accompagnée par une bande sonore d’un cœur qui bat, qui nous fait songer au travail de l’artiste français Christian Boltanski. Une 3 me pièce est un assemblage d’armes pour enfants en plastique, peintes en noir, avec pour extrémité des seringues. « Il s’agit de jouer sur une dichotomie entre des éléments qui évoquent la maladie, la mort, l’amusement, la joie ».


Tracy Théodore

Tracy THEODORE est encore étudiante au CCA en 4 me année dans l’option Design/Objet. Sa pratique est variée. 2 œuvres qu’elle présente dans l’exposition font référence au cœur humain. Pulsions temporelles est une peinture très colorée qui traduit les expériences qui animent sa vie semblable aux cycles naturels. Sensible qui se présente comme un cœur réalisé en rotin et en tissage de laine rouge, est un objet en 3 dimensions qui renferme les émotions que veut traduire l’artiste. 

Sa dernière pièce, un triptyque de photographies numériques, est inspirée de l’œuvre de Frantz Fanon, « Peau noire, masques blancs ». La jeune artiste nous confie : « Nous nous retrouvons encore enfermés dans cette assimilation coloniale, en se cachant, en chérissant un modèle dominant et en hésitant à se libérer de ce masque imposé.»


Emeric Moderne

Eymeric MODERNE, étudiant de 4 me année de l’option Art a obtenu son DNA avec les félicitations du jury en 2020. Tout en poursuivant ses études il s’est formé aux nouvelles techniques de photographies et à déjà participé à des expositions. 

Il nous présente 2 œuvres photographiques numériques dans lesquelles le corps est paré dans un rituel à la recherche de la beauté face à l’appareil qui « enregistrera l’évolution de mes propres fantasmes métaphoriques ». 

Une troisième œuvre intitulée Eden est une peinture aux nuances colorées qui retrace la vision luxuriante de la nature d’Eymeric. 

A ce propos il dira : « Il s’agit pour moi de jouer des possibilités chromatiques et textures dépeintes dans un balancement créatif entre mon conscient et mon inconscient. 

Le tout se faisant par le biais de l’écriture automatique », technique employée par les surréalistes et principalement, André Breton.


Jérémie Priam

Jérémie PRIAM est né en 1989 est un jeune artiste qui a déjà exposé en Martinique et en 2020 au Tropiques Atrium dans une exposition individuelle qui s’intitulait Anti personnel. Le noir et blanc et le dessin prédominent dans son œuvre. Il nous présente un triptyque réalisé à l’encre de Chine qui interroge le style très connu en histoire de l’art de la vanité. 

« Ces fragments -chimères », non dénués de poésie, sont le fruit de ses questionnements sur l’existence. 2 autres œuvres, toujours en noir et blanc, au dessin à l’encre, comme une accumulation organique, sont de véritables performances graphiques qui veulent traduire « de manière absurde des dérives de la société ».


Ludji Savon

Ludji SAVON, ancien étudiant martiniquais du CCA, explore un univers fantasmagorique, principalement dans deux œuvres exposées ici, Vision de rêve, qui représente des silhouettes découpées dans du papier noir, apposées à même le mur. Visions de cauchemar, c’est un corps fragmenté, épars que nous essayons de recomposer, dans cette installation murale.  

Une seconde pièce est un triptyque de photographies numériques où la couleur jaune domine. Il se représente à peine visible sous des vêtements jaunes avec des attributs spécifiques, plume, gants blancs en dentelles. 


Diana Tuillier

Diana TUILLIER est étudiante au CCA en option Design/Objet. 

Elle est actuellement en Master 2 et présente dans cette exposition une série de 7 éventails, de réels bijoux, porteurs de mémoires et qui font revivre les mythes antillais. 

Ce retour aux croyances et savoirs ancestraux, qui sont fondés le plus souvent par une culture de l’oralité, sont une réelle cosmogonie qui est pour cette jeune artiste « un lien avec mes ancêtres, pour la transmission et la compréhension, une métamorphose du réel ».


Shaida Madinska

Shaida MADINSKA est une élève de 3me année de l’option Design/Objet du CCA. Passionnée par la peinture et l’écriture automatique, elle propose 2 tableaux inspirés par la terre, la végétation et les fonds marins qui sont pour elle une invitation à l’imaginaire. Sa troisième pièce est une peinture acrylique composée de deux parties et réalisée avec des capsules de café. A son sujet, Shaida dira : « enlaçant, évitant, contournant…C’est avec surprise que les capsules de café s’accordent avec l’écriture automatique pour ne former qu’un. Pollution, intégration, coordination ? Qu’en pensez-vous ? ». 


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