Exposition : quand l’art tâtonne dans le noir

Peindre la nuit ? La difficulté est manifeste. Que peut l’art de la vue aux heures où ce sens ne peut plus qu’à peine s’exercer, vaincu par l’obscurité ? Comment représenter ce qui est le plus défavorable à la représentation ? La réflexion est loin d’être neuve. Et loin d’être récent le désir des peintres de triompher des ténèbres. L’expérience la plus ancienne serait la Fuite en Egypte, d’Adam Elsheimer, petite huile sur cuivre de 1609, remarquable par sa précision astronomique. Celle-ci s’expliquerait par la diffusion des observations de Galilée, exactement contemporaines, d’autant qu’Els­heimer habite alors à Rome. Son tableau est vite célèbre : Rubens le mentionne dans une lettre et, à la mort de son auteur l’année suivante, il est vendu pour un prix élevé. Après Elsheimer, Rembrandt et bien d’autres se mesurent au sujet, dont Friedrich, Van Gogh et Munch – rien de moins.

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