PABE
Salle :
Galerie la Véranda
Tarifs :  
Entrée Libre - Du Mardi au Vendredi (13h-18h) - Le Samedi (10h-13h)


« Tribulations archipéliques »

Exposition collective du Plastik Art Band Experimental (PABE), à la Galerie la Véranda de Tropiques Atrium Scène Nationale, du 08 octobre au 10 novembre 2018.

Tropiques Atrium vous invite à découvrir cette exposition collective et à rencontrer le PABE et ses invités, lors du vernissage afterwork, le lundi 08 octobre, à partir de 17h !

 

D’ÎLE EN ÎLES,  LES ARTISTES INvITéS :

Hervé Beuze, Fabienne Cabord, Marie Gauthier, Iskias, David Né

 

LES ARTISTES Du PABE

Elisabeth Alexandrine, Michèle Arretche, Catherine Bland, Suzy Bland, Nadia Burner, Daouïa, Anick Ebion, Karin Eliasch, Sylviane Fédronic, Garance Vennat-Ragot & Isabelle Pin, Monique Hardy, Nicole Hugon-Nouel, Françoise Levy, Marie-José Ravoteur, Colette Wild, Sandrine Zedame & Carl Beyer.

 

PABE en quelques mots…

Groupe mixte, à forte composante féminine, lié par un amour puissant pour la Martinique, sa culture, ses couleurs, les signes marques qui font la spécificité de cette île, le PLASTIK ART BAND EXPERIMENTAL est né en 2007 du besoin de raconter de façon originale cette terre à travers les arts plastiques.

Le PABE est devenu une association en octobre 2009, dont l’objet est aussi de promouvoir et de diffuser l’art contemporain en Martinique. C’est ainsi qu’il invite régulièrement des artistes à participer aux expositions et aux évènements qu’il organise.

C’est par une entraide culturelle autant qu’amicale et solidaire, respectueuse de la liberté et de la spontanéité créatrice de chacun(e), que le PABE a progressé et gagné une estime dans le paysage artistique antillais.

 

« De ces îles qui parsèment les mers et les océans, Gilles Deleuze distingue les continentales, nées d’une fracture, d’une séparation du continent et les océaniques surgies des fonds marins. Deux types d’îles, de pensées et de regards. Les premières, accidentelles, les secondes, originaires. Ces dernières émergent à la surface dans un surgissement géologique qui signale la permanente évolution de la Terre dans les profondeurs sous-marines. Ce qui est sous la surface visible est vivant. L’île, plus mythique que géographique, nous mène à penser l’île créatrice, matricielle. Saint-John Perse évoque l’image d’une « mer utérine de nos songes… ». Rêver des îles, c’est imaginer un départ vers un ailleurs, inattendu, libre, nu, pour renaître à soi. L’île est le signe idéal de la solitude ontologique, une dimension largement explorée par Patrick Chamoiseau dans L’empreinte à Crusoé, dont le récit participe de la poétique insulaire.

Aujourd’hui, l’archipel est plutôt dé ni comme un groupe d’îles, des terres discontinues au milieu de la mer. Pourtant, par son étymologie (pelagos, haute mer), le grec le décrit comme « une mer parsemée d’îles ». Princeps, la mer suppose les liens secrets de l’en-dessous marin. « L’unité est sous-marine », écrivent les poètes caribéens anglicistes. Saint-John Perse ne connaît qu’îles et entr’îles et nomme poétiquement les soubassements marins « la table des eaux » ou encore « la chaussée océane ». Cette conception de l’unité sous- marine et non seulement de surface, donne une identité caribéenne. « Les Caraïbes naviguaient sans cesse d’île en île, de rivage en rivage au gré de leurs fêtes, de leurs alliances… la mer liait et reliait. ». Il n’y avait pas de frontières absolues, circonscrites. À l’inverse de l’isolement et du repli, Édouard Glissant parle, non d’un agrégat de morceaux de terre isolés, mais d’un réseau. « La mer à jamais inséparable » incarne le tissu historique qui lie les Antilles entre elles.

Tribulations archipéliques invite à découvrir les démarches singulières d’artistes qui ont en partage l’île de Martinique. Engagés dans ce thème et les enjeux de la vie insulaire, ils déploient leurs interrogations poétiques sous des angles variés, mais tous liés au réel et à l’imaginaire de l’île : la fragilité de son équilibre écologique, économique, social, l’afirmation de sa culture vivante et de son identité plurielle.

Tribulations archipéliques est une exposition métaphorique où toutes les œuvres, à la fois séparées et rassemblées en un même lieu, Tropiques Atrium, représentent chacune une île de cet archipel. Elle symbolise les expressions du divers et afirme la nécessité de l’extension du lien social pour un avenir meilleur des valeurs humanistes. »

MARIE GAUTHIER, Commissaire